Il était une fois alors que plus tout à fait enfant, pas encore adolescent alors que tous les garçons sintéressent à leur pénis et à leurs testicules et se moquent des filles qui nen ont pas, je me regardais dans la glace et me demandais pourquoi ce petit pénis joint à mon anus qui me donnait tant de plaisir devait se présenter désormais avec ces appendices-là A cause de ces appendices devais-je avoir désormais honte de ces merveilleuses sensations ressenties parcourant tout mon corps à la seule vue des hommes dans la rue, sur les plages, dans les magazines ? Attirance précoce, violente, visible désir des hommes, des hommes de leur démarche, leur carrure, leur musculature etc. Je les désirais de tout mon corps, désirant en être entièrement pénétré, pénétré de cette force, de la virilité même. Mais voilà, désirer des hommes lorsquon nétait pas une femme ça voulait dire être un homo, un pédé, et donc astreint à tout un tas de choses sauf aimer / être aimé. Les hommes ordinaires, les nombreux, lorsquils faisaient lamour avec un autre homme demandaient tout ce qui me déplaisait, moi, irrésistiblement attiré par lHomme, moi qui nétait pas une femme mais investi de cette jouissance féminine celle que connue Tirésias exacerba la jalousie des dieux olympiens
Nai-je jamais pensé comme le prescrivent aujourdhui les nouveaux canons sexuels tirés du discours scientifique et ses hypothèses scabreuses avec tout le jargon tiré de lexécrable DSM IV et ces dysphories de sexe / genre, compulsion etc. - ignorant volontairement la complexité de la nature humaine, nai-je jamais accepté alors dêtre simplement une femme dans un corps dhomme ? Non. Seulement un homme, fleur ouverte, pour lHomme et homme pour moi-même, totalement homme « après lamour » infiniment plus homme que jamais. Accompli. Alors quoi ? Je suis une mâle. Au début de la maturité (en 1993) jai exploré littérairement et graphiquement mes fantasmes de castration et le Phantasme plus originel qui les fondait, jai cherché à minformer et consulter, envisager de me faire castrer. Mon désir dêtre castré était clair ; jouir pleinement de ma passivité mais préserver un corps viril, une masculinité affichée. Aucune information ne mayant été fournie, sinon à mesure où E.A était épris des discours médicaux et surtout sous lemprise dun moralisme religieux, pléthore dinformations techniques, de mises en garde aussi floues quimpératives avec surtout une volonté farouche dexclure tout érotisme On ne parlait que sexualité. Alors jai cru comprendre que ce que je souhaitais cétait vouloir le beurre et largent du beurre la castration chimique féminisait, la castration chirurgicale semblait priver de tout, et la castration rituelle ne conduisait quà des accidents souvent mortels Jai alors compris (vraiment ?) que je ne pouvais appartenir à aucun groupe avec qui échanger dans la vie de tous les jours, ici en France, ce qui nest pas que « fantaisies », et donc, que par manque de ces contacts je ne serais jamais cet homme libéré pouvant se donner, sans cette excroissance, insulte à la virilité, à un mari qui aurait désiré cette castration juste pour confirmer une union ce nest pas à 62 ans avec la gérontophobie des gays que avec lâge ça devient de plus en plus vraisemblable que je vais devoir vivre en fantasmes, en virtuel sans plus. A moins que Mais, non, je vais vivre un conte de fée, le raconter, histoire sans fin il était une fois à des eunuques réels ou imaginaires sur la toile et sur le terrain.